Une belle insolence — Beautifully unapologetic
Il y a des présences qui changent le ton d’une pièce. Elles ont une façon bien à elles de prendre place, d’introduire de l’imprévu, de rendre soudain possible ce qu’on aurait cru déplacé. Une belle insolence possède cette assurance un peu frondeuse : quelque chose s’y avance sans attendre qu’on lui fasse signe.
Dans cette œuvre abstraite de Mariclair Plante, la liberté a du répondant. Elle se manifeste dans une rencontre qui déroute, un élan qui déborde, une trace qui conserve son étrangeté. Pourtant, tout ne se livre pas avec la même franchise. Des passages plus discrets invitent à s’approcher, à découvrir ce que la première impression, si vive, avait laissé en retrait.
Le titre accueille cette part de nous qui ose parfois davantage que prévu. Un geste posé sans se reprendre. Une façon de tenir sa place sans atténuer ce qui nous distingue. L’insolence devient belle lorsqu’elle ouvre une possibilité, lorsqu’elle donne à l’ensemble une vivacité nouvelle. Devant le tableau, le regard peut lui aussi s’émanciper : suivre une intuition, s’attarder à une rencontre singulière, goûter le plaisir de se laisser surprendre.

