L’intervalle s’inscrit dans le cycle Traverser – De la fracture à la reliance et prend appui sur le poème Partir au galop ou à vol d’oiseau, extrait du recueil Doux blasphème de Karim Charrad. Cette œuvre explore l’espace de transition entre l’élan et la retenue, entre le mouvement impulsif et la conscience de soi. Elle traduit visuellement ce moment suspendu où l’on hésite entre partir et demeurer.
Dans le poème, le déplacement n’est pas seulement physique, il est intérieur. Il interroge la vitesse, le désir de fuite, la verticalité du vol et l’horizontalité de la course. L’intervalle devient alors un territoire invisible, un espace fragile mais décisif.
La composition picturale reprend cette tension. La ligne de rupture horizontale structure la toile comme un seuil. Au-dessus, des zones plus aériennes et diffuses suggèrent le souffle et la légèreté. En dessous, la matière plus dense, marquée par des ocres, des bleus profonds et des traces plus organiques, incarne l’ancrage et la gravité.
L’abstraction poétique contemporaine permet ici de rendre visible l’invisible : le temps du choix. Les gestes effacés, les superpositions et les transparences créent une circulation du regard. Rien n’est totalement arrêté, rien n’est complètement libéré. L’œuvre ne représente ni le galop ni le vol, mais le passage entre les deux, cet état intermédiaire où la transformation s’opère.
L’intervalle affirme que la traversée n’est pas uniquement un déplacement spectaculaire. Elle se joue souvent dans l’espace subtil du doute et de la conscience.
En écho à ce poème, la peinture révèle que c’est dans cet entre-deux que se construit la véritable mutation intérieure.
Les œuvres de cette collection ne sont pas disponibles à la vente avant leur présentation officielle.
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