Dans De plein gré, le geste semble avoir choisi sa propre trajectoire. Une masse sombre traverse la composition tandis qu’un mouvement de terres rouges, d’ocres et de tons olive surgit depuis la gauche. Autour, de larges espaces clairs laissent circuler le regard et donnent à l’œuvre toute son amplitude.
La peinture avance par contrastes : densité et effacement, matière épaisse et passages presque translucides, impulsion et retenue. Certaines traces demeurent franches, d’autres semblent disparaître dans des blancs ivoire, des gris minéraux et des nuances rosées. Rien n’est parfaitement contenu. Les formes se rencontrent, bifurquent et s’interrompent, laissant apparaître une construction qui conserve l’énergie du geste.
Cette peinture abstraite contemporaine de Mariclair Plante trouve sa force dans cet équilibre instable. Le regard peut suivre la poussée rouge et terreuse, remonter vers la verticale sombre, puis s’échapper à nouveau vers les zones silencieuses.
De plein gré évoque ainsi moins une destination qu’une manière d’avancer : librement, avec ce qui résiste, dévie et transforme le mouvement.

